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Wilwinger ou Woelflinger ? Les habitants à la recherche d'une identité
Date d'évènement : 15/11/2005

Qui sommes-nous finalement ? Sommes-nous de Woelfling ou de Wilwingen ? Sommes-nous Wilwinger ou bien Woelflinger ? Pour trancher le débat et faciliter votre choix, rappelons brièvement l’origine des deux appellations.

 

Woelfling(en) n’apparaît qu’en 1869 sous Napoléon III qui l’année suivante perdra la guerre appelée «franco-allemande». Au premier traité de Versailles, l’Alsace-Lorraine sera annexée et nous passerons sous l’administration prussienne en tant que «Deutsches Reichsland».

 

Les Allemands découvrent la nouvelle désignation du village et en sont enchantés ! Woelflingen, on ne peut en douter, leur rappelle aussitôt le loup mythique teutonique, sinon le Woelfel, un petit loup. Or, Wolf est un nom que portent facilement leurs enfants et Woelfel rappelle aux lettrés le «Ulfila» gothique, nom porté par des guerriers et des hommes illustres tel le premier moine qui traduisit en gothique (allemand) la Vulgate, la Bible latine.

 

Woelflingen plut donc aux Allemands et l’appellation antérieure du village disparut des actes officiels et des cartes géographiques. Ils aimaient le Woelflingen qui claque sec comme un coup de fouet.

 

La commune de Wilwingen ne voyait aucun obstacle à ce changement de vocable, imposé d’en haut. Qui et comment aurait-on pu protester, d’autant plus que les nouveaux Maîtres pouvaient invoquer l’exemple des autorités vaincues ? Elles avaient entériné le nouveau nom. Sur place qui aurait pu être proposé comme avocat et défenseur ? Dans le milieu rural formé de paysans et de journaliers (d’ouvriers agricoles). On était sorti d’une école où sous Napoléon on avait fait la guerre à l’enseignement de l’allemand. Il n’y avait au Conseil Municipal aucun intellectuel, aucun juriste, aucun homme assez instruit et audacieux pour prendre en main une cause perdue d’avance.

 

Officiellement Woelfling(en) avait pris la place de Wilwingen, mais à Woelflingen même on continua à rester de Wilwingen et dans les environs on ignora sciemment ou non, l’existence du nouveau village. Pour tout le canton de Rohrbach dans lequel étaient englobés Woelfling et Wiesviller, dans le pays et l’arrondissement de Sarreguemines, on ne connaissait que les Wilwinger.

 

Et ce n’était que justice, Wilwingen pouvait revendiquer des droits séculaires au maintien de son antique appellation. Des documents à partir du 12ème siècle pouvant une existence beaucoup plus ancienne, mentionnent la localité. On retrouve cette désignation à travers sept siècles : avec une orthographe variable, ce qui ne change rien à la substance, vu que la graphie n’était pas fixée et qu’elle différait selon l’oreille ou l’intelligence du scribe ou de l’échevin.

 

Voilà donc pour la mise au point historique.

 

Reste à savoir à quelle désignation : «Woelfling ou Wilwingen» va votre préférene. Laquelle choisir, laquelle maintenir ?

 

Pour le signataire de la notice, il n’y a aucune hésitation à avoir. Woelfling n’est pas une appellation du cru. Les Wilwinger n’ont rien à voir avec les loups ou les woelfel, les louveteaux. A cette bête et à ses petits ils ont donné la chasse, dans les forêts qui appartiennent aux voisins.

 

Les Wilwinger n’ont jamais rien voulu avoir de commun avec «cette bête cruelle», eux qui dans leur caractère et leur langage évitent tout ce qui est heurtant, dur et raboteux, eux qui envoient leurs enfants «in die Schule» alors qu’à 1 km, ils allaient «in de Schull», eux qui mangent leur kuhche avec un u allongé et qu’à Wiesviller ils dévorent le Kuche avec un u bref et rapide. Dans leur doux parler tout est assoupli, arrondi, ralenti, chaque arrête, tout angle limés. Quel plaisir n’éprouvait-on pas à assister à un entretien entre une cliente de Wilwingen et un homme de Wiesviller. D’un côté les Ija, les Eija, les Ejo – en face c’était les «Ei weier» accentuant un débit rapide et saccadé roulant les RR comme les galets dans un torrent. L’en-face bien sûr était de Wiesviller : «dort wo geknärrt werd».

 

Autant Woelfling ressemble aux claquements du fouet, Wilwingen de son côté dans ses trois syllabes assourdies suggère un champ de blé ondulant sous la brise, le nom de Wilwingen semble épouser la forme ondulatoire des coteaux du pays.

 

Wilwingen est une appellation contrôlée, éprouvée pendant des siècles. Qu’elle disparaisse dans l’oubli et l’abandon me semblerait être une perte irréparable, un renoncement coupable, une légèreté incroyable, un reniement de nos racines.

 

Or un homme ou bien une communauté sans racines, sans passé, ne peut pas compter sur un avenir ; ils disparaîtront sous l’envahissement d’un autre milieu, périront avec leur identité sous l’inondation des vagues de l’extérieur.

 

Ce danger est réel : qu’un étranger demande à un gars «d’où es-tu ?» il aura comme réponse : «Je suis de Woelfling – Alors tu n’es pas de Wilwingen». Le gars ne comprend plus. Il veut admettre qu’il est de Woelfling, mais semble ignorer que ses parents sont des Wilwinger.

 

Oui, il faut mettre notre montre à l’heure. Or l’heure est avancée, l’heure est grave.

 

C’est aujourd’hui que vous êtes mis devant le choix.

 

C’est aujourd’hui qu’il faut choisir non pas entre Woelfling et Wilwingen – mais entre Woelflinger et Wilwinger.

 

Demain ce sera trop tard. Demain, c’est-à-dire : en très peu de temps – il n’y aurait plus de Wilwinger.

 

Ein Wiesviller qui aime bien les Wilwinger.

 

 

Texte du Père Aloys Karmann paru dans «Jadis»

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